
Série improbable — L’infime qui devient image
Photos :
Serge Desiderio
Date de prise de vue :
12 août 2026
Encore une fois, ces photos improbables sont mon ADN.
Je pars souvent avec mon appareil photo sans vraiment savoir ce qui va me tomber dessus, sans intention précise, juste avec cette disponibilité intérieure. Et tout à coup, quelque chose surgit : un détail infime, un fragment de réel que personne ne remarque, mais que mon regard d’enfant attrape, surpris de tout, émerveillé d'un rien.
Les voir, c’est une chose.
Encore faut-il être capable d’en tirer une image qui réveillera le regard fatigué de chacun — ce regard qui croit avoir déjà tout vu, qui ne s’exalte plus de rien.
Le plus difficile commence alors, penser au cadrage, à l'ouverture, l'exposition, la mise au point, la vitesse, l'ISO...à toute cette quincaille que l’on appelle la technique.
Parfois, on n’en a pas le temps : l’instant est tellement éphémère qu’il faut déclencher avant de réfléchir. Je dois faire confiance à mon appareil, que j'ai programmé pour tirer le meilleur de ces situations. Le Mode U2, c'est le nom de mon réglage secret, mon mode magique...
Et après coup, je me rends compte que ce sont souvent ces photos - celles prises dans l’urgence, dans la fulgurance, dans la surprise — qui sont les plus belles.
A l'inverse, il faut parfois, souvent, savoir être très patient comme devant cette fresque, attendre longtemps, longtemps, sans certitude que la lumière ne s'allume et qu'une silhouette vivante vienne s'intégrer dans cette œuvre de street-art...
Cette série improbable est née de ces instants fragiles, de ces visions fugitives, de ces alignements inattendus, de ces rencontres minuscules qui deviennent images.
Parce que la beauté, parfois, ne se cache pas dans l’extraordinaire, mais dans l’invisible.
























